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France Dubois

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publication Semaine n°46.09

L'exposition "Cadre moyen" de France Dubois a été présentée à image/imatge du 11 avril au 24 mai 2008. Suite à cette exposition, l'artiste a été de nouveau invitée à Orthez en 2009, pour poursuivre ses recherches dans le cadre de la résidence "Ecritures de lumière" proposée par le Ministère de la culture et de la communication. Cet ouvrage propose des images issues des deux projets de France Dubois.

Ce que nous impose France Dubois, c’est d’abord une attente. L’image se donne à voir comme évidée, réduite à une étrange interrogation, à la sensation nue d’un équilibre au bord du vertige. Loin de chercher à s’établir, elle résiste à une clôture définitive, instaure une sorte de distance. Elle intrigue, organise un désordre et s’oppose à toute fixité. Elle se concentre sur une présence perdue, qui n’est jamais véritablement perdue, mais qui rôde, insiste, s’incruste comme pour nous obliger à penser son abandon. Quelque chose nous échappe et ce quelque chose résonne comme un fil tendu que nous n’arrivons pas à saisir. Quelque chose dont le statut ne semble pas bien assuré et qui pourrait être amené à changer, à bifurquer, à s’interrompre et à se délester vers une voie inattendue. Mais de quoi est-il question dans cette exploration de ce qui apparaît comme un monde tertiaire où les formes d’existence n’ont pas de corps mais se signifient dans des échos, des souvenirs et des indices ? Pourquoi la porte ouverte d’un bureau, l’ondulation d’un fil électrique, des blouses dans un vestiaire, la plaque fissurée d’un plafond, les géographies inédites d’un sol ou d’un mur, des ombres derrière une cloison perforée ne se présentent pas directement, simplement sous l’aspect de déterminations solides et permanentes ? France Dubois ne cherche pas à rassurer, à expliciter, mais à rendre les repères à la fois transparents et opaques, nécessaires et imparfaits. Dans ses photographies, elle détourne le cours habituel des apparences et nous confronte à la découverte troublante d’une autre réalité, gagnant en densité énigmatique ce qu’elle perd en ancrage référentiel, et donc infiniment plus riche de ressources singulières.

Didier Arnaudet

// 25/11/2009

Conférence de Evelyne Toussaint

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art contemporain et photographie : images, traces et fantômesà image/imatge,mardi 24 novembre à 19 heures

La conférence initialement prévue jeudi 12 novembre est reportée au mardi 24, à la même heure. photographie : Gjon Mili , Picasso dessinant avec de la lumière, 1949

Des photographies restituant les interventions sur le paysage des artistes du Land art ou les dessins de lumière de Picasso jusqu’aux gigantesques banques de données que d’autres saisissent aujourd’hui dans le maelstöm du monde, la question de la trace, de la transmission dans et par l’image, est au cœur des rapports entre la photographie et l’art contemporain.

À travers un diaporama d’images à (re)découvrir, en interrogeant la place de la parole devant l’image — du « ça a été » de Roland Barthes à l’Homo spectator de Marie-José Mondzain — c’est un voyage dans le musée imaginaire de cette « empreinte du réel » que serait la photographie, dans le regard qu’elle invente en restituant des traces de temps et de lieux, des traces du corps, de la mort, du sacré, du monde industriel ou les hypertraces autorisées par les performances de la technique actuelle, que nous proposons ici. 

Evelyne Toussaint est professeur d’Histoire de l’art contemporain et d’Esthétique à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour.

Nombre de places limité.
Pour l'accueil des groupes, contactez Lucie Delepierre sur mediation@image-imatge.org, ou par téléphone au 05 59 69 41 12

// 24/11/2009