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Chris McCaw

Chris McCaw

Hope, 1997 - 25 x 52 cm © Chris McCaw

Exposition du 6 au 22 mars 2003

Visuel : Hope, The Powerhouse, Portland, Oregon, 1997.

Chris McCaw est né en 1971, il vit et travaille à San Francisco, USA. Cette exposition est sa première en France, elle regroupe les séries Powerhouse, Family Farm et Travelogue.

Les images de Chris McCaw pourraient être d'un autre temps. Elles reflètent son être, son quotidien, et par là même une jeunesse américaine. " J'aime à penser que mes photos sont des portes d'entrée dans le journal de ma vie, qu'elles sont les représentations visuelles de ma mémoire ".
Tombées d'un carnet, elles nous sembleraient tout autant irréelles ; leur facture liée au procédé palladium/platinium - nous perd entre estampe, esquisse et photographie ; et l'on se prendrait à rêver à la poésie qu'elles dégagent, rêver à cette vie simplement faite de roadtrips ( de voyages sur la route ! ), d'amitié et de liberté - thèmes récurrents chez lui -, rêver que dans cette Amérique-là, George W. Bush n'est qu'un fantoche inoffensif…
Le travail intimiste de Chris McCaw, sans être politisé, nous envoie une autre image de l'Amérique du XXIe siècle et nous montre qu'une partie de la jeunesse américaine n'a pas oublié Luther King, les chansons de Dylan ou les poèmes d'Allen Ginsberg, jeunesse plus proche de Bowling for Colombine que de l'artillerie de Rambo. Hope… (espérons)

Émilie Flory


J'utilise une chambre " maison " de 7 x 17 inches et des tirages au palladium/platinium. J'ai commencé à travailler avec ce procédé il y a sept ans, pour prendre des images de mes voyages à travers l'Ouest. Ensuite j'ai réalisé que le ranch de mes grands-parents à Manteca (à l'est de San Francisco) pourrait rapidement tomber dans l'oubli. Propriété de ma famille depuis près de quatre-vingt ans, j'ai décidé de recenser le lieu laissé tel quel depuis le décès de mon grand-père, et par là même une partie de l'histoire de ma famille.
Ce format particulier crée un rapport spatial impossible à transcrire avec nos appareils actuels. La technique du palladium/platinium qui se pratique obligatoirement à la feuille, de manière très artisanale, permet ces tonalités chaudes qui viennent renforcer l'idée de nostalgie que j'essaie d'exprimer. Je suis également attiré par le côté historique d'un tel procédé, notamment cette idée que les tirages sont réalisables uniquement par contact.

Le tirage au platinium est connu pour être la plus grande forme de reproduction de photos Noir & Blanc. Un mélange des métaux palladium et platinium est appliqué au pinceau sur un papier velin (canson 100% coton). Cette chimie requiert une exposition très intense à la lumière ultra-violette. Et comme le tirage se fait par contact (c'est à dire contact du négatif sur le papier émulsionné), si l'on veut obtenir un tirage de grand format on doit avoir un négatif de la même taille. L'image qui en résulte est une photo au tons chauds, avec une surface veloutée, une douce transition des tons entre les hautes lumières et les ombres. Le procédé au palladium/platinium supplante le tirage argentique classique en terme de permanence ; en effet, contrairement à l'argentique, un tirage au palladium/platinium ne s'altère jamais, sa durée de vie est aussi longue que celle du papier sur lequel il est tiré.

Située juste à côté d'une centrale électrique à Portland (Orégon) la " Power House " était une maison communautaire dans laquelle ont vécu divers types de jeunes créateurs - artistes, musiciens, activistes politiques ainsi qu'un flot constant de visiteurs de tous les Etats-Unis et au-delà - de 1994 à 1999.
Dans la cuisine de cette maison, un groupe national appelé " Food not Bombs " (de la nourriture pas de bombes), récoltaient et préparaient de la nourriture une fois par semaine pour les sans abri de la ville. Les résidents de la " Power House " ne parlaient pas seulement d'aider les autres, ils le faisaient. Ces photographies ont été prises dans le même esprit de liberté que cet endroit représentait pour moi, liberté de la jeunesse (les âges variaient de 16 à 40 ans), liberté économique (chaque locataire payait seulement 30 $ par mois), liberté d'opinions - plutôt libérales - concernant la politique et l'environnement.

Chris McCaw