accueil » expositions » Visions d'images de Cécile Paris (comme la ville)

Visions d'images de Cécile Paris (comme la ville)

Visions d'images de Cécile Paris (comme la ville)

Exposition du 7 au 25 décembre 2000

Au dos des cartes postales qu’elle édite, Cécile Paris accole à son nom, en forme de copyright, une parenthèse tout autant explicative du point de vue phonétique [sesilpari] qu’énigmatique sous l’angle sémantique : en quoi Cécile Paris est-elle “comme la ville” ? ou plutôt, en quoi les photographies, les interventions, les installations de Cécile Paris sont-elles comme la ville ? S’il n’est pas question dans sa méthode de travail de parler d‘“instant fatal”, elle revendique par contre des “espaces décisifs”, propres à être captés, enregistrés, inventoriés. Des lieux décisif, non pas au sens d’une exemplarité extra-ordinaire, mais d’une condensation de signes (architecturaux, humains) délibérés ou aléatoires, davantage contradictoires qu’organisés. Des signes qui ne font sens qu’à travers le filtre d’associations d’idées, de formes, de motifs. Les photographies de Cécile Paris ne relèvent pas d’un programme affiché, mais fonctionnent comme des prises de notes, des remarques, des “observations”, sans pour autant devenir des commentaires d’ordre urbanistique ou sociologique, bien que les rapprochements qu’elle opère entre les intérieurs et les extérieurs pointent l’air de rien les façons d’habiter la ville aujourd’hui.

Cécile Paris ne démontre rien en assemblant ses images : elle associe deux rythmes qui fondent l’amorce d’une cadence, d’une invitation à aller de l’avant. “On avance, on avance, on avance“, écrit-elle, citant avec humour une profonde évidence d’Alain Souchon. Une invitation à la découverte qui génère également la pièce Où tu voudras réalisée pour le site de Mouvement : une déambulation ludique à l’intérieur d’une image qui ne se dévoile pas totalement, mais juste assez pour révéler son caractère composite, son hiatus, tandis que le refrain de l’Été Indien prend des allures d’aphorismes abscons (Toute la vie sera pareille à ce matin ?). Trouver le rythme qui permette de réconcilier ce qui est vu et ce qui est à voir, telle est la question posée par Cécile Paris.

— François Piron

archives

galerie
l'artiste
lire ailleurs