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Je voudrais encore travailler

Je voudrais encore travailler

Exposition du 18 octobre au 9 novembre 2002

Rencontres photographiques 2001. Divers lieux d'Orthez et ESAC de Pau.

Artistes invités : Ludovic Burel & Regular, Marina Chabrol, William Guerreri, Clarisse Hahn, Marie-Francine Le Jalu, Serge Lhermitte, Régis Perray, Noëlle Pujol, Michel Séméniako, Laurent Tixador.

J’aime le travail, il me fascine, je peux rester des heures à le regarder. Jérôme K. Jérôme

L’exposition des Rencontres photographiques 2001 tente d’explorer la vaste question de la réalisation de soi dans le travail. La notion de “centralité du travail” héritée du XIXe siècle et de l’industrialisation massive qui s’y est amorcée semble pour une grande part de la population avoir encore de beaux jours devant elle. En effet, quelles que soient les classes sociales, les modes de construction identitaire s’articulent encore aujourd’hui largement autour de la sphère professionnelle. Le fossé se creuse entre les adeptes du système capitaliste néo-libéral, cadres d’entreprises par exemple chez qui la satisfaction financière et l’excitation produite par un rythme de travail effrené constitue une source d’épanouissement et ceux qui le travail au delà du moyen de subsistance incontournable qu’il représente constitue surtout un mal nécessaire permettant la construction d’une certaine conception du bonheur dans la sphère privée. Philosophes et sociologues multiplient les réflexions critiques sur la question afin de démontrer en quoi le travail salarié, tel qu’on le connait aujourd’hui “a été séparé de sa force politique”, et les différentes formes de subordination par l’entreprise ou par l’état qu’il suppose inévitablement.

Les artistes rénuis au sein de cette exposition abordent par la bande cette vaste problématique, qu’il s’gisse de stigmatiser le processus d’accélération du remplacement de l’homme par la machine, la place de la femme dans l’univers professionnel, la nécéssité du don de soi à travers les professions du secteur social, l’improductivité revendiquée, etc. Ces formes diverses de représentation de la réalisation de soi (ou de son absence) dans le travail sont autant d’indices de la pression sociale exercée sur les individus qui se doivent quoi qu’il advienne d’être “actifs” pour accéder à la respectabilité.

— Ronan le Régent
commissaire de l’exposition

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