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Cadre moyen de France Dubois

Cadre moyen de France Dubois

Exposition du 11 avril au 24 mai 2008

Vernissage jeudi 10 avril à partir de 18h30, en présence de l'artiste.

France Dubois conjugue dans sa pratique artistique la photographie et la vidéo, produisant à partir de ses images documentaires de nouvelles formes de narration. La série photographique qu’elle présente à image/imatge s’inscrit dans le prolongement de ses travaux antérieurs, reposant sur une certaine appréhension des lieux.

Pour traiter d’une activité a priori abstraite, celle de la vie de bureau, la photographe privilégie une approche subjective. Investissant le réel comme espace de fiction, elle suit des pistes, prélève des indices, scrute le territoire dans une singulière perspective : percer le mystère du tertiaire. Proposant une approche de son travail par le récit, c’est un texte de l’écrivain Charly Delwart qui accompagne ici ses images.

de la série Cadre moyen, 2007 - © France Dubois

Point

Vous pensez à quelque chose mais quoi. Un point avec une flèche, vous pensez à cela. Devant vous aucun élément ne correspond, mais l’image vous est venue en tête pourtant. Vous revient à répétition. Dans la réalité autour de vous vous cherchez, une forme circulaire, une flèche, ce qui vous y fait penser là mais ce sont des lignes.

Un câble, les néons du plafond, un autre câble qui mène plus loin, rentre dans un mur, ressort ailleurs, l’alignement des carrés de moquette. Des lignes de fuite que vous suivez immobile. Des perspectives qui vous ramènent à un moment ou un autre là où vous vous tenez. Mais aucun point.

Là où vous vous rendez chaque jour. Participez à des réunions, discutez les problématiques reprises à l’ordre du jour. Traversez les couloirs à répétition, affairé. Impliqué, tous les atours de l’implication. Des dates dans un agenda, des notes sur un bloc, des graphes sur des paperboards. Des correspondants, des conversations téléphoniques structurées. Des mails, des documents parcourus, des problématiques devenues les vôtres au fil des jours car au fil des jours il est logique que cela le soit devenu. L’image revient. Un rond plein. Là exactement, à nouveau.

Qui vous sort de vos problématiques, vous en sort malgré l’implication et les atours de l’implication. Vous voulez comprendre, trouver. Non plus mentalement, immobile, mais en mouvement.

Suivre les lignes, d’un lieu à l’autre, le long des couloirs, des câbles, vous l’influx électrique à travers les câbles, un sens puis un autre. Le long des dalles du plafond qui tracent une direction, reprennent celles du sol mais en altitude. Une salle de réunion, un recoin, une salle d’archivage, d’autres bureaux qui ressemblent au vôtre mais ne le sont pas. Et partout le point qui est là.

Qui se déplace avec vous dans l’espace dont vous avez à force une vision plus large, distanciée. Une carte avec les lieux parcourus mis à plat, vous-même devenant le point qui se déplace sur le plan général, vous y pensez, une flèche pointant l’endroit précis où vous vous tenez.

La position de votre corps dans l’ensemble. Et la phrase qui vous vient, partout où vous allez, d’un endroit à l’autre : vous n’êtes pas ici.

— Charly Delwart
auteur de Circuit, publié aux Éditions du Seuil.

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