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SPA & Thermes de Lynne Cohen

SPA & Thermes de Lynne Cohen

Exposition du 24 janvier au 8 février 2003.

Vernissage jeudi 23 janvier 2003 en présence de l'artiste

Lynne Cohen a résidé à Dax en mars 2002, invitée par image/imatge. Ce travail en couleur est issu de cette résidence.

Spa, mot anglais venant du nom de la fameuse source d’eau minérale de Spa en Belgique, correspond au mot français, masculin pluriel, thermes. Il est l’un des cinq ou six termes génériques qui désignent l’œuvre photographique de Lynne Cohen. Des thermes ici dont la thérapie est la boue. La boue plutôt que la terre parce qu’elle ne sèche jamais. Une matière entre deux éléments, ni terre, ni eau, qui empreint l’ambivalence fondatrice de cette artiste de renommée internationale. Pourtant nulle trace visible de boue. Toute substance détrempée est dissolue. L’image photographique produit des espaces transfigurés dont la matérialité et la forme relèvent moins des choses vues que des choses sues.

Savoir que les choses ne sont pas ce qu’elles prétendent être et voir un escalier de guimauve qui monte à un lit pélothérapeutique. Voir un alignement de suaires en attente de sépulture quand notre culture médicale contraint l’espace de soin au contrôle hygiénique et à l’enfermement prophylactique. Rendre visible la lumière sous une porte close et obscurcir paradoxalement le drame d’une chaise solitaire. Déplacer l’utilité d’une couverture d’aluminium en la faisant artifice dérisoire de notre obstination à refuser la mort. Le factice, le faux-semblant, la ruse, le déguisement, la dissimulation, le camouflage des choses posées, disposées, composées et finalement exposées dans nos différents espaces de vie sont cette œuvre essentielle de l’art actuel et non la rigidité métallique et la froideur distanciée imposées par les lieux photographiés. S’il y a quelque chose d’inhumain dans ces espaces ce sont les hommes eux-mêmes qui les habitent. Ces photographies sont vides de figures humaines.

De Spa à Spes, il n’y a guère que deux lettres pour inscrire l’échappatoire d’Espérance propres aux grandes œuvres. Rien ne sera jamais perdu tant qu’au plus fort de sa fascination, l’image rémanente d’une peinture de Fra Angelico ou de Gerhard Richter se révèlera au regardeur des thermes photographiés par Lynne Cohen.

— Catherine Pomparat
2 décembre 2002

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